mercredi 6 mai 2015

TGV Tours-Paris : " Il faut gagner la bataille tarifaire "

LA NOUVELLE REPUBLIQUE  - Indre-et-Loire - Grand témoin

TGV Tours-Paris : " Il faut gagner la bataille tarifaire "

19/04/2015 05:31
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Porte-parole des abonnés du TGV, David Charretier est plutôt rassuré sur l’avenir des dessertes mais il dénonce la hausse des tarifs : + 32 % en dix ans !
Pour David Charretier, l'autre priorité est de remettre en service des navettes dédiées sur une ligne dédiée entre les gares de Tours et Saint-Pierre-des-Corps.
 > Originaire de Blois, David Charretier est âgé de 46 ans. Diplômé d'une école de commerce, il travaille dans le marketing à l'international.
 > Installé à Tours depuis une dizaine d'années, il a d'abord créé un collectif d'usagers du TGV en 2006 avant de reprendre la présidence de l'association des abonnés qui existait déjà.
 > Cette association rassemble un millier de sympathisants sur les quelque 4.000 abonnés du TGV Tours-Paris. Ils sont 1.600 à prendre le train tous les jours pour des besoins professionnels.
 > L'association communique sur une page Facebook (abonnés Tgv Tours-Paris) et sur un blog (www.ligne-tours-paris.
 blogspot.com)
Quel est l'état des lieux de la ligne TGV Tours-Paris aujourd'hui ?
« Ces dernières années, nous avons subi deux cadencements qui ont totalement chamboulé les horaires et les temps de trajets. En quatre ans, ceux-ci ont augmenté de 10 à 20 %. On est passé de 1 h 05 de trajet à 1 h 15, voire 1 h 25. Cette dégradation du service a encore été amplifiée par le retrait des navettes dédiées entre Tours et Saint-Pierre-des-Corps. Le temps d'attente est passé de 5 à 15 minutes et même parfois beaucoup plus. La situation n'est donc pas réjouissante. »
Qu'en est-il des retards de trains ?
« En 2013, les abonnés de la ligne avaient subi en moyenne 40 heures de retard cumulées sur l'année. En 2014, ce chiffre est descendu à 30 heures en moyenne. Il y a donc eu une légère amélioration. Depuis que la SNCF a reconnu ses carences et déclaré cette ligne " malade ", il y a eu des travaux de rénovation qui ont porté leurs fruits. Une nouvelle direction commerciale a été mise en place pour améliorer les relations avec les clients. Aujourd'hui, 82 % des TGV arrivent à l'heure contre seulement 70 % en 2010. Mais il y a encore de fortes disparités, notamment aux heures de pointe où près d'un train sur deux est en retard. La gare Montparnasse est saturée. »
Ces derniers mois, vous avez tiré la sonnette d'alarme vis-à-vis de l'arrivée de la LGV Paris-Bordeaux, en 2017, qui risque de remettre en cause les dessertes à Tours. Où en est-on ?
« Grâce à la mobilisation de tous les élus, je crois que l'on peut être rassuré. La SNCF nous annonce un même niveau de desserte, soit 14 allers-retours par jour, avec une bonne répartition des TGV aux heures de pointe le matin et le soir. Les temps de trajets paraissent convenables entre 1 h et 1 h 12. Il n'y aura plus de TGV omnibus. Enfin, la liaison Saint-Pierre - Massy - Roissy devrait être avancée, avec une arrivée à Roissy à 9 h 45. Il faut rester vigilant. Les pressions sont fortes par ailleurs mais je crois que l'on a préservé l'essentiel. »
Quelles sont vos revendications aujourd'hui ?
« On a gagné la bataille de la desserte. Il faut maintenant gagner la bataille tarifaire. En dix ans, les tarifs ont augmenté de 32 %. C'est le double de l'inflation. Aujourd'hui, cette ligne est la deuxième la plus chère de France. En moyenne, un abonnement coûte 500 € par an. Nous sommes une clientèle captive. Les gens ont besoin de ce TGV pour aller travailler et la SNCF le sait, mais il y a un moment où ça coince. Il faut développer une approche tarifaire plus flexible avec des offres de dernière minute et une dégressivité des abonnements avec le temps. »
Que pensez-vous du projet de téléphérique entre les gares de Tours et Saint-Pierre ?
« C'est absurde. Une cabine de téléphérique, c'est 40 places maximum alors que nous sommes parfois 500 à attendre le train. Il faut remettre en place les navettes dédiées sur une ligne dédiée. La CFDT a proposé une solution intéressante dans ce sens. »
à suivre
Du covoiturage domicile-gare ?
L'association des usagers du TGV Tours-Paris est actuellement en contact avec la SNCF pour mettre en œuvre un projet inédit de covoiturage pour les abonnés sur les trajets domicile-gare. Celui-ci pourrait être couplé au déploiement de voitures en location libre service (de style Autolib') en gare de Saint-Pierre-des-Corps. L'objectif est bien de désengorger les parkings et les aires de stationnement totalement saturés aujourd'hui. Ce service de covoiturage pourrait faire l'objet d'une première expérimentation nationale d'ici la fin de l'année.

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